CYCLE DE RÉFLEXION ET D’ÉCRITURE : 1er ACTE

En tant que collectif, nous avons décidé d’entamer cette année un cycle de réflexion et d’écriture, dans le but de réfléchir toutes ensemble au sens de notre action.

Concrètement, il s’agit de mettre à jour les « actes de Strasbourg » qui avaient été rédigés de façon collégiale à l’occasion de notre participation à un colloque organisé par la ville de Strasbourg en octobre 2013 (« Violences faites aux femmes : dévoiler ce qui est devenu invisible »). Ces « actes de Strasbourg » avaient pour but d’expliquer l’origine et les actions de notre collectif. Or, celui-ci a évolué depuis sa création en 2011 et le besoin se fait ressentir aujourd’hui de faire le point sur les fondements et le sens de notre mouvement.

Dont acte. Lors du rendez-vous du 1er septembre, au Roi du Café, sept femmes se sont portées volontaires pour constituer un groupe d’écriture, qui s’est réuni le mardi suivant en vue d’établir une grille de réflexion. A l’issue de cette séance de travail, aussi conviviale que productive, une liste de questions a été établie, parmi lesquelles : Pourquoi avoir choisi le café comme lieu d’action ? Le collectif est-il féministe ? Le collectif est-il tourné vers l’action et/ou la communication ? Comment toucher le plus grand nombre ? Etc.

Au rendez-vous du 15 septembre, au café Le Family, la question suivante a été proposée au débat : « Pourquoi avoir choisi le café comme lieu d’action ? » Une question qui peut paraître anodine, mais qui a suscité des échanges passionnants, au cours desquels quasiment chaque participante (15 femmes ce soir-là) a donné son avis. Tout d’abord, le café est un lieu de détente, où l’on peut s’échapper du rythme trépidant de la vie quotidienne : c’est un lieu où faire une pause et penser à soi. C’est aussi un lieu de convivialité et d’ouverture, où l’on peut rencontrer l’autre, échanger et parler à bâtons rompus. En France, le café est un symbole incontestable de convivialité et d’échange. Mais alors, si ces lieux sont si conviviaux, comment expliquer que certains accueillent si peu, voire pas du tout, de femmes ? Car personne n’interdit aux femmes d’entrer dans un café, c’est plutôt les femmes qui ne s’autorisent pas à y aller. Mais alors, pourquoi les femmes n’ont-elles pas envie d’aller au café ? L’une des réponses pourrait être que le café donne parfois l’image rebutante d’une reconstitution miniature de la société : les hommes au café et les femmes à la maison ; les hommes dans l’espace public et les femmes confinées dans la sphère privée. Que peuvent faire les cafés pour attirer davantage de femmes ? On peut citer l’exemple du Challenger, qui a installé des chaises colorées sur sa terrasse, donnant une apparence un peu moins « testostéronée » à sa devanture. C’est déjà bien, mais il faut aller plus loin. Avec une labellisation par exemple ?

Au cours de ce débat, l’une des participantes a fait surgir une autre question : « Quels cafés labelliser ? » Faut-il labelliser uniquement les cafés les moins accueillants ? Ou seulement les cafés où les femmes sont déjà, même minoritairement, présentes ? Ou les deux ? Le cœur de notre action est bien d’apporter de la mixité là où il n’y en a pas, mais il serait dommage de ne pas « récompenser » de notre label les cafés qui font déjà spontanément des efforts vers davantage de mixité.

Quel que soit son niveau de mixité, le café est un petit morceau de l’espace public (au sens large) qu’il s’agit pour nous de (re)conquérir et d’occuper durablement. Dans les villes de banlieue à tradition ouvrière comme Aubervilliers, le café ne serait-il pas le nouveau lieu de l’émancipation féminine ? Quand on est une femme, s’asseoir dans un café où il n’y a que des hommes est-il un acte militant ? La suite au prochain débat…

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3 réflexions sur “CYCLE DE RÉFLEXION ET D’ÉCRITURE : 1er ACTE

  1. Ce café « Family » restera un café mémorable. Riche en contenu, en débat, et impressionnant: c’est, je crois bien, le premier café où toutes les présentes se sont exprimées devant le groupe. La prise de parole devant un groupe, c’est un apprentissage et une lutte de femmes. J’ai aimé le côté « débordant » de nos échanges même si je suis d’accord pour que Danièle ou Marie-Jo distribue la parole pour qu’on apprenne à s’écouter aussi.

  2. Coucou, Je viens (enfin !!) de prendre le temps de lire – et pas seulement de survoler – tout ce que vous avez écrit…je ne sais pas qui sont les auteures mais c’est juste super et j’avais envie de le dire !! Oui le monde change et changera grâce à toutes ces « petites mains » (zut ! ça parait sexiste comme expression…) qui, au quotidien, « tricotent » (re-zut….pourquoi ne me vient-il à l’esprit que ce verbe là ? ouf ! y a des pays où les mecs tricotent aussi !!) du lien résistant et de l’intelligence collective et créative alors que ceux qui occupent les postes de pouvoir manquent souvent et de courage et d’imagination. Bizatoutes….et même…bizatous (en pensant à Marc qui tricote avec nous !) Michèle

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